Qui est Irma Grese, surnommée la « hyène d’Auschwitz » ?

Irma Grese, née le 7 octobre 1923 à Wrechen et pendue le 13 décembre 1945 à la prison de Hamelin, était Aufseherin (gardienne auxiliaire Hilfspersonal SS) dans les camps de concentration nazis de Ravensbrück, Auschwitz et de Bergen-Belsen.

Surnommée indifféremment « la hyène d’Auschwitz » ou « la bête de Belsen » à cause de son comportement particulièrement cruel et pervers à l’égard des prisonniers, elle reste l’une des criminelles nazies les plus connues.

Qui est Irma Grese ?

Le père de Irma Grese, Alfred, est un ouvrier de laiterie. Sa mère, Berta, est au foyer pour gérer la fratrie de cinq gamins. Trois filles et deux garçons.

Globalement, c’est pas la belle vie pour Berta, elle s’occupe des enfants et Alfred en profite pour dilapider la paye dans un bistrot. Faut dire qu’il couche avec la propriétaire…

Lorsque Berta l’apprend en 1936, elle décide de boire de l’acide chlorhydrique et elle décède, laissant cinq enfants orphelins et un mari vachement branché nazisme. A ce moment là, Irma a douze ans. Peu de temps après le décès de son épouse, Alfred rejoint le parti nazi et deux ans après, il se remarie.

Irma Grese au centre de la photo

Il ne délaisse pas ses enfants mais il est bien content que l’état les prenne en charge.

En 1938, Irma qui n’est pas bien douée à l’école décide d’arrêter d’y aller pour rejoindre la Ligue des jeunes filles allemandes (Bund Deutscher Mädel). A côté de ça, Irma Grese travaille en tant qu’aide-soignante et tente de devenir infirmière, mais elle n’y parvient pas.

Irma Grese intègre le parti nazi

La Bund Deutscher Mädel, c’est l’aile féminine des Jeunesses hitlériennes. Évidemment, on ne leur apprend pas à être libres et indépendantes… Non, on leur apprend à devenir de bonnes épouses, de bonnes mères et à être bonnes tout court (toute la journée du samedi est consacrée à la gymnastique).

L’idée c’est que ces jeunes filles ne souillent pas l’Allemagne et leur race, elles doivent épouser des Allemands et si possible des aryens.

En plus, la Ligue conseille aux jeunes filles de rompre tous contacts avec leurs parents s’ils n’approuvent pas l’idéologie hitlérienne et les rassure en leur disant qu’elles sont en train de se trouver une nouvelle famille, plus unie, plus grande et plus forte.

Et pour que cette famille ne cesse de s’agrandir, il faut des gamins. La Ligue des jeunes filles allemandes recommande aux gamines (les plus jeunes ont entre 10 et 12 ans) d’avoir rapidement des enfants avec des jeunes hitlériens, peu importe qu’ils soient mariés, on fait fi de la religion.

Il faut agrandir la famille pour conquérir le monde. On ne va quand même pas se laisser remplacer par des juifs et autres tziganes !

Irma Grese devient la Hyène…

En 1942, Irma travaille en tant qu’assistante dans la production de lait mais elle aspire à mieux. Aussi, lorsqu’elle apprend que son pays et son führer recherchent des femmes volontaires pour travailler dans les camps de concentration, elle poste sa candidature.

Et elle est motivée… A partir du second semestre de 1942, elle travaille en tant que Aufseherin dans le camp de Ravensbrück. En 1943, elle est mutée à Auschwitz-Birkenau. Puis finalement, elle est nommée Rapportführerin.

Sur l’échelle des fils de blettes de nazis, c’est le deuxième plus haut rang ouvert au femmes. C’est notamment grâce à ce grade qu’elle a pu elle-même sélectionner les mecs à envoyer dans les chambres à gaz, les enfants à exterminer et les meufs à enfermer dans les bordels.

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Certains diront : mais elle ne faisait qu’obéir aux ordres. Oui mais… Non. Irma Grese est réputée pour installer un climat de terreur et provoquer la haine des détenu-e-s.

Toujours bien peignée, parfumée et maquillée, elle nargue les prisonnières. C’est assez moche lorsqu’on connaît les conditions de détentions… Pas de bouffe, pas de douche ou presque, alors du parfum… La prisonnière Olga Lengyel raconte également qu’elle couchait avec d’autres gardiens SS, mais aussi avec Joseph Mengele. Irma Grese est réputée pour avoir torturé des prisonniers, notamment avec des chiens affamés, des fouets et par des tirs arbitraires.

Pour la victime, c’est un meurtre, pour les survivants c’est de la torture. On ne sait jamais quand est-ce que ça va tomber, ni sur qui, alors on vit dans l’angoisse d’être le prochain. Irma Grese est aussi connue pour avoir battu à mort des dizaines de femmes.

Rapidement, tout le monde l’appelle « la hyène ».

En 1945, les nazis et pour le fonctionnement des camps de concentration alors, dans un premier temps, pour gagner de temps, les nazis vident certains camps et envoient les détenus vers d’autres.

Irma Grese avec Josef Kramer en détention en 1945.

En plein hiver et alors qu’ils n’ont rien bouffé depuis des mois, les prisonniers meurent en chemin. Aussi, début janvier 1945, Irma Grese quitte Auschwitz avec des détenus direction Ravensbrück et en mars, elle prend les mêmes, enfin, les survivants plus d’autres jusqu’à Beren-Belsen.

Et c’est lors de cette marche qu’elle est capturée par les Britanniques, le 17 avril 1945.

Sexualité

D’après le récit du docteur Perl, Irma Grese aurait eu une liaison avec un officier SS et aurait exigé du docteur Perl que cette dernière pratique un avortement sur elle.

Néanmoins, les déclarations de détenues semblent indiquer qu’elle aurait sexuellement abusé de femmes. Enfin, toujours selon le docteur Perl, Irma Grese avait demandé à assister aux expérimentations médicales, ce qui provoquait chez elle un plaisir sexuel.

On lui a prêté une liaison avec le commandant Kramer, mais également avec Josef Mengele (sur la photo).

Sa dernière liaison connue était avec un soldat SS du nom de Hatzinger, travaillant à Bergen-Belsen. Elle aurait demandé sa mutation pour le suivre lorsque ce dernier a été réassigné à ce camp mais il mourut du typhus.

Irma Grese, accusée de crimes de guerre

Elle fait partie des 45 personnes accusées de crimes de guerre au procès de Belsen.

Elle est jugée entre le 17 septembre et le 17 novembre 1945 (n°9 des accusés) sans reconnaître ce qui lui est reproché.

Les témoins l’accusent de mauvais traitements et d’assassinats de détenus, ce qui est contraire à la Convention de Genève de 1929 sur les prisonniers de guerre.

Elle aurait pratiqué des fusillades massives, des exécutions individuelles au pistolet, donné des coups de fouet, sélectionné des prisonniers pour les chambres à gaz ainsi que pour les expérimentations de Joseph Mengele, fait subir des humiliations sexuelles et enfin lâché des chiens affamés sur les détenus.

Elle reconnaît avoir porté un fouet tressé dans ses bottes ainsi qu’un pistolet mais niera avoir eu un berger allemand, avoir battu à mort des prisonniers ou avoir tiré sur qui que ce soit. Tout au plus reconnaîtra-t-elle avoir donné des coups de matraque pour faire avancer plus vite les prisonniers ou les punir en cas de faute.

Image téléchargée

Elle ne se dira jamais coupable : « C’était notre devoir d’exterminer les éléments anti-sociaux afin d’assurer l’avenir de l’Allemagne ».

Grese et dix autres personnes sont déclarées coupables de crimes à Auschwitz et à Belsen, puis sont condamnées à mort, par pendaison.

Parmi elles, on retrouve Johanna Bormann, ainsi qu’Elisabeth Volkenrath. Le 13 décembre, Irma est pendue à 10 h 3 dans la prison de Hamelin par le bourreau britannique Albert Pierrepoint.

Son dernier mot a été : « Schnell ! » (« Vite ! »).

Ce jour-là, 3 femmes et 10 hommes furent pendus à 30 minutes d’intervalle, les hommes par paires, les femmes individuellement.

Johanna Bormann
Elisabeth Volkenrath

Sources :

  1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Irma_Grese
  2. https://www.paperblog.fr/8306027/irma-grese-la-hyene-d-auschwitz/