Comment aider son enfant dans sa crise d’ado ?

Entre 11 et 19 ans, il n’est pas rare de voire apparaitre des changements chez son enfant. Il entre dans une période tant compliqué pour lui que pour le parent : la crise d’adolescence. C’est un passage inévitable, durant lequel le rôle parental est mis à rude épreuve. Voici donc quelques conseils pour gérer la crise d’adolescence de son enfant.

Pourquoi une crise à l’adolescence ?

À chaque changement de statut, on découvre sa crise : celle des « terrible two » vers deux ans, lorsque bébé devient un petit enfant, celle des 7 ans, lors du passage de petit enfant à enfant, et celle où l’enfant bascule dans l’adolescence, qui correspond en général à l’entrée au collège.

Si certains traversent l’adolescence sans encombres, la plupart sont confrontés à une crise, plus ou moins intense.

« Ce qui me gêne dans l’expression « crise d’adolescence », c’est qu’elle met tous les enfants dans le même panier et dédramatise ce qu’ils vivent, note la psychologue Pauline Blocquel, spécialiste des enfants et adolescents. Les parents ont tendance à minimiser les choses, en disant « il fait sa crise d’ado », « ça va passer », alors que cette période peut engendrer un mal-être profond. »

Traditionnellement décrite comme un passage obligatoire de l’enfance vers l’âge adulte, la crise d’adolescence suscite beaucoup d’interrogations, voire une certaine appréhension chez les parents. La « crise d’ado » est avant tout un phénomène naturel : la métamorphose physique et psychologique de votre enfant, entre 13 et 18 ans, est l’un des bouleversements majeurs de l’adolescence. 

Les transformations morpho-psychologiques amorcées dès la puberté deviennent plus nettes et s’affirment de manière visible. Pilosité, mue de la voix, tétons douloureux… pour le garçon ; poitrine, hanches, pilosité… chez la fille.

La personnalité est, elle aussi, sujette à transformation. Rebelle et extravertie ou au contraire effacée et repliée, la personnalité des ados conditionne des réactions différentes face à l’angoisse que peut représenter pour eux le fait de devenir adulte.

Apprendre à gérer ses désirs, notamment sexuels, son émotivité et son impulsivité, mais aussi les contradictions entre une dépendance économique et affective à l’égard de la famille et la volonté de s’en émanciper, constituent autant d’épreuves inconscientes auxquelles les adolescents n’apportent pas tous la même réponse.

Quels sont les symptômes ou signes ?

Les signes qui montrent que l’enfant entre dans cette zone de turbulences qu’est l’adolescence sont souvent les suivants :

  • Une opposition de plus en plus forte à l’autorité parentale, voire un rejet
  • Une petite régression : l’ado n’a souvent plus envie de se laver et mange n’importe comment
  • Des sautes d’humeur, souvent liées aux hormones
  • Une difficulté à respecter les règles, à la maison comme à l’école, voire une volonté de les transgresser
  • La perte d’intérêt pour les passions d’enfance et les nouvelles addictions (jeux vidéo, smartphone…)

L’importance d’une communication saine

Alors que votre adolescent fait son chemin vers l’âge adulte, il est normal et naturel qu’il établisse une distance entre lui et sa famille. Il est toutefois plus important que jamais de maintenir les voies de communication ouvertes. Si votre adolescent trouve qu’il peut vous parler, que vous l’écouterez et que vous tiendrez compte de ses points de vue, il est fort probable que vous mainteniez une relation saine.

Si vous favorisez une conversation ouverte et honnête, votre adolescent aura plus tendance à venir vous voir pour parler des choses importantes, telles que les relations, l’école, la sexualité et les drogues, plutôt que de se tourner vers ses amis ou de se sentir seul.

Quelles sont les bonnes attitudes à adopter avec son adolescent ?

  • Inciter au sport

L’exercice physique est particulièrement bénéfique pour la santé des plus jeunes, surtout lorsqu’ils ont tendance à passer leur journée devant les écrans. Il permet d’améliorer l’estime de soi et l’image corporelle des enfants et des adolescents. Les activités de groupe, dans des écoles ou des gymnases, seraient encore plus recommandées par rapport à l’exercice pratiqué à la maison. Encouragez les programmes sportifs réguliers pendant et après l’école, non seulement pour leur effet sur le corps, mais aussi sur le mental.

  • Arrêter les comparaisons

Les adolescents ont tendance à se comparer aux autres et à avoir l’impression que « tout le monde me regarde ». Ils sont donc très sensibles aux comparaisons avec les personnes de leur entourage. Le système scolaire encourage d’ailleurs cette tendance par son système de notation, d’étiquetage et de suivi qui ne respecte pas les erreurs inévitables qui font partie du processus d’apprentissage.

En tant que parent ou proche d’un·e adolescent·e, vous pouvez l’aider en reconnaissant ses petits succès et en soutenant sa croissance individuelle, sans le comparer.

  • Soutenir ses compétences spécifiques

Votre fils peut penser qu’il est nul au sport, mais il s’illumine lorsqu’il travaille sur des projets scientifiques. Il est important de l’aider à cultiver ses propres capacités en parlant avec lui de ce qui le passionne, de ses valeurs et de ses priorités personnelles.

Essayez de célébrer les talents de votre adolescent et d’adapter autant que possible les activités et l’enseignement en fonction de ses capacités.

  • Respecter son intimité

L’adolescent cherche à fuir ses parents et tout ce qui s’y rattache (maison, famille…). Il est habituel de les voir s’enfermer dans leur chambre dès leur retour à la maison, ou qu’ils passent leurs week-ends dehors. Pour un adolescent, les amis sont synonymes de liberté, car ce sont les seuls à le comprendre. Il va donc passer le plus de temps possible avec eux, et ils lui rappellent qu’il est libre tant qu’il n’est pas chez lui.

De plus, lui laisser cette distance pourrait permettre d’améliorer vos relations car vous respecterez sa vie privée, ce qui ne devrait pas le laisser indifférent. L’adolescent est en train de se construire en tant qu’adulte, il rejette donc toute forme d’autorité qui représenterait une atteinte à sa liberté. N’essayez pas de vous immiscer dans son intimité en surveillant ses faits et gestes, ou ses activités sur les réseaux sociaux.

En revanche, essayez plutôt de le conseiller et de le mettre en garde contre certains dangers auxquels il pourrait être exposé et dont il n’aurait pas conscience. Faites lui part de votre propre expérience, car même si les temps ont changé, tout conseil est bon à prendre.

  • Fixer des limites claires

Les adolescents ont besoin de faire réagir leurs parents pour leur faire partager leurs moments difficiles, mais aussi pour les enquiquiner. En les provoquant, ils vérifient qu’ils tiennent encore vraiment à lui.

Mais votre enfant a-t-il pour autant le droit de sortir tard le soir ou de claquer la porte de sa chambre ? C’est à vous de définir les paroles et les actes qui vous paraissent inacceptables. 

  • Relativiser

De la même façon qu’un bébé explore le monde qui l’entoure en suçotant ses jouets ou en touchant tout ce qu’il trouve, un adolescent a besoin de tester ses limites, quitte à jouer le casse-cou et s’opposer systématiquement à ses parents.

Les familles s’inquiètent souvent pour leurs enfants et posent des interdits en conséquence : ne pas fumer, ne pas boire, ne pas rentrer après minuit… Mais ces interdits, qui sont faits pour rassurer les parents, seront probablement transgressés, autant le savoir d’avance et se faire une raison.

  • Lui montrer votre amour

Les adolescents traversent une période difficile et ont besoin de votre attention et de votre soutien. Même si votre enfant a fait une grosse bêtise, ne le réduisez pas à son acte.

  • Ne vous fiez pas au textage. 

Les textos peuvent être un bon moyen de garder le contact avec votre adolescent, mais essayez d’avoir les conversations plus importantes en personne. Le textage laisse trop de place aux mauvaises interprétations, et les messages peuvent facilement être ignorés.

  • Se rappeler que c’est une passade

Pour 80 % des ados, la crise d’adolescence se passe bien. Seuls 20 % sont en danger, d’après Françoise Rougeul. Gardez en mémoire que cette phase va se résoudre rapidement et n’imaginez pas le pire.

Toutefois, si votre enfant cumule plusieurs symptômes (échec scolaire + tristesse + repli sur soi), il est important de consulter des professionnels afin d’éviter que la situation ne s’aggrave.

​Que faire quand tout va mal?

Il faut se montrer particulièrement attentifs aux signes d’un mal-être chez un adolescent :

  • La chute des résultats scolaires, et de manière générale le changement de comportement à l’école (absentéisme, mots des professeurs dans le carnet signalant une insolence inhabituelle…)
  • L’agressivité
  • Un état de tristesse quasi permanent
  • Des angoisses liées à la volonté d’appartenir à un groupe ou de ressembler à certaines personnes, et au fait de se forcer à être quelqu’un d’autre.
  • Le repli sur soi (il s’isole dans sa chambre, ne voit plus ses amis…)
  • Les plaintes corporelles : maux de ventre, maux de tête…
  • Une prise de poids ou une perte de poids rapide
  • Des conduites à risque, comme la consommation d’alcool, de drogues…

Il faut être vigilant, car certains signes que l’on pourrait associer à la crise d’adolescence pourraient être ceux d’une dépression. N’hésitez pas à faire part de vos craintes à votre ado et à ouvrir le dialogue avec lui. Si la situation perdure, demandez l’aide d’un professionnel sans tarder.

Sources :

  1. https://www.santemagazine.fr/psycho-sexo/psycho/psycho-adolescent/ado-5-facons-de-laider-a-se-sentir-mieux-dans-sa-peau-326169
  2. https://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=comment-gerer-crise-adoelscence
  3. https://www.journaldesfemmes.fr/maman/guide-des-parents/1103146-crise-d-adolescence/
  4. https://soinsdenosenfants.cps.ca/handouts/behavior-and-development/talk_with_your_teen
  5. https://www.pratico-pratiques.com/trucs/psycho/crise-dado-quoi-faire/
  6. https://www.parents.fr/etre-parent/famille/psycho-famille/crise-dadolescence-a-quoi-est-elle-due-et-comment-la-gerer-901603

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