Pourquoi prenons-nous du poids en vieillissant ?

C’est une plainte assez courante, l’idée que vous ne pouvez tout simplement pas manger ce dont vous aviez l’habitude de le faire. Mais pourquoi donc ? Et est-ce évitable ?

Il y a un certain nombre de raisons pour lesquelles nous prenons du poids en vieillissant, mais gardez courage : il y a des façons de combattre cette tendance et de remporter la bataille !

Pourquoi c’est important ?

Dans l’organisme, les graisses sont stockées dans des cellules spécialisées, les adipocytes, dans lesquels les triglycérides représentent plus de 95 % du volume.

Régulièrement des lipides sont éliminés et de nouveaux sont stockés ; en effet les graisses se renouvellent.

Ce phénomène est important pour notre santé car quand le renouvellement des lipides est ralenti l’organisme a tendance à grossir.

Mais le renouvellement des lipides se fait-il à la même vitesse tout au long de notre vie ?

Ce que montre l’étude

Cette étude parue dans la revue Nature Medicine a été réalisée par l’institut Karolinska de Stockholm (Suède), en collaboration avec l’université Lyon 1 et l’université d’Uppsala (Suède). Les chercheurs ont étudié les cellules graisseuses de 10 hommes et 44 femmes sur une période de 13 années en moyenne (et même jusqu’à 16 ans dans certains cas).

Pour connaître le taux de renouvellement des graisses, les scientifiques ont mesuré le rapport 14C/12C des lipides du tissu adipeux sous-cutané. L’isotope 14 de l’atome de carbone (C) est très utilisé par les chercheurs pour des datations. En effet, sur la période de la Guerre froide, entre 1955 et 1963, il y a eu des essais nucléaires qui ont doublé le ratio 14C/12C atmosphérique, alors que le taux de 14C est normalement relativement stable dans l’air. Après 1963, le 14C a beaucoup diminué dans l’atmosphère. Par conséquent, en mesurant le taux de 14C dans les lipides, il est possible d’avoir une idée de l’âge et du renouvellement de ces molécules au cours de la vie d’un individu.

Les chercheurs ont observé que chez tous les participants, qu’ils gagnent ou perdent du poids, le renouvellement des lipides diminuait dans les tissus adipeux au cours du vieillissement. Les personnes qui ne compensaient pas ce phénomène en mangeant moins de calories grossissaient et gagnaient en moyenne 20 % de poids.

Les chercheurs ont aussi examiné le renouvellement des lipides chez 41 femmes qui avaient subi une chirurgie bariatrique. Ces femmes souffraient d’obésité morbide avant l’opération (IMC>40) et ont été suivies environ cinq ans après la chirurgie. Les auteurs se sont aperçus que seules les femmes qui avaient un taux de renouvellement des lipides bas avant l’opération arrivaient à augmenter ce renouvellement et à maintenir leur perte de poids.

Dans un communiqué, Peter Arner, professeur à l’institut Karolinska explique : 

« Les résultats indiquent pour la première fois que les processus de notre tissu adipeux régulent les changements de poids corporel au cours du vieillissement de manière indépendante des autres facteurs. » Il ajoute : « Cela pourrait ouvrir de nouvelles façons de traiter l’obésité. »

En pratique

D’après cette étude, si nous voulons éviter de prendre trop de poids avec l’âge, il faut compenser le ralentissement du renouvellement des lipides, en mangeant moins ou en faisant plus d’exercice.

D’après l’EFSA , les apports énergétiques conseillés pour les adultes s’établissent en moyenne à :

  • 2000 à 2600 calories entre 30 et 39 ans,
  • 2000 à 2500 calories entre 50 et 59 ans,
  • 1800 à 2300 calories entre 70 et 79 ans.

Nos vieux muscles

Cela s’explique en grande partie par le fait que nous perdons des cellules musculaires quand nous prenons de la bouteille. Quand les cellules de muscles sont endommagées pendant notre jeunesse, elles sont rapidement réparées. Cela n’est pas le cas avec les muscles plus âgés.

Les scientifiques ne savent pas encore pourquoi les muscles rétrécissent littéralement quand nous sommes sur le retour. Mais il existe diverses théories.

L’une des raisons qui deviennent de plus en plus intéressante et populaire est l’idée que les cellules souches dans nos muscles ne sont pas en mesure de répondre aux dégâts ou au vieillissement comme elles le faisaient quand nous étions plus jeunes.

Et si les cellules musculaires endommagées ne sont pas réparées, leur nombre se réduit puis elles meurent. Des diminutions des niveaux d’hormone, de testostérone et d’œstrogène peuvent aussi être responsables de la perte de fibre musculaire et de l’incapacité du tissu à se régénérer.

En outre, les cellules du muscle qui nous restent une fois vieux ou vieilles sont en quelque sorte usées. Imaginez les muscles comme des centrales d’énergie dans le corps, c’est en effet là où la plupart de nos calories sont brûlées.

Et quand nous parlons de métabolisme, nous voulons en fait parler de comment ces centrales d’énergie (nos cellules musculaires) sont efficaces pour brûler l’énergie que nous ingérons.

L’énergie est délivrée à l’organisme sous forme de calories. Et si vous gardez vos apports caloriques constants au fur et à mesure que vous vieillissez, ces calories non brûlées finissent sous forme de graisse.

C’est une sorte de droite-gauche dévastateur. Les cellules de la centrale d’énergie des muscles sont endommagées avec l’âge. Ce dégât s’accumule au fil du temps, et pour couronner le tout, la capacité de l’organisme à réparer ce dégât se réduit aussi en vieillissant.

1 – Sédentarité
Il y a un certain nombre de raisons pour lesquelles nous grossissons en devenant plus âgés, l’un étant le style de vie. Dans les pays occidentaux, nous avons tendance à devenir plus sédentaires en vieillissant. Nos emplois tendent à exiger moins d’activité physique au fur et à mesure que nous progressons dans l’organigramme de l’entreprise, alors nous dépensons moins de calories sont dépensées pendant la journée de travail.

Le taux d’activité est donc forcément inférieur que pendant notre jeunesse (où nous étions souvent engagés dans des activités plus récréatives). De plus, les responsabilités liées au travail et à la famille nous laissent moins de temps pour rester actifs.

Aussi, une fois que les enfants ont grandi et vivent hors du foyer parental, les demandes d’activité quotidienne sont moins nombreuses et manger à l’extérieur devient plus fréquent. Il est alors facile d’adopter un mode de vie moins actif, dans lequel moins de calories sont brûlées. Alors, une prise de poids avec le vieillissement est quasi inévitable si vous ne réduisez pas la consommation calorique.

2 – Moins bonnes habitudes alimentaires
Beaucoup d’entre nous manquent de contrôle sur leurs habitudes alimentaires en prenant de la bouteille. Les adultes ne sont plus sous gestion parentale ou des diététiciens de l’école qui veillent à ce qu’ils reçoivent des repas nutritifs avec des portions contrôlées.

En vieillissant, beaucoup de gens cèdent aux nombreuses malbouffes à haute teneur en glucide et en calories vides. Bien des personnes trouveront aussi qu’un repas fast-food est plus pratique que de préparer un repas sain à la maison. Des années de mauvaises habitudes alimentaires finissent par causer une prise de poids quand nous prenons de l’âge (découvrez les bonnes habitudes qui font maigrir ici).

3 – Métabolisme en berne
Autour de l’âge de 50 ans, nous commençons à perdre en masse musculaire, ce qui provoque un déclin du taux métabolique au repos (encore un autre facteur de la prise de poids). Afin de contrer cette baisse en dépense énergétique et ne pas grossir en prenant de l’âge, vous devrez soit manger moins soit être plus actifs physiquement.

Plus précisément, votre taux métabolique au repos commence à décroître dès l’âge de 30 ans. Cela se traduit par le fait que votre corps a besoin d’environ 50 calories de moins chaque jour chaque décennie après cela. Par exemple, si vous aviez besoin de 2 000 calories/jour à l’âge de 30 ans pour conserver votre poids, vous n’aurez plus besoin que de 1 950 à l’âge de 40 ans, de 1 900 à l’âge de 50, de 1 850 à l’âge de 60, ainsi de suite.

4 – Moins bonne combustion d’énergie lors des efforts physiques
Egalement, dès que vous commencez à vieillir, vous devez faire du sport plus longtemps pour brûler la même quantité de calories que quand vous étiez plus jeunes. Cela est dû au fait que quand vous vieillissez, il y a un déclin de votre capacité à faire de l’exercice, même si vous êtes en dans une relative bonne forme.

A 25 ans par exemple, vous pourriez avoir été capable de brûler 14 calories par minute de course à pied. Mais à 65 ans, vous pourriez brûler seulement 8 calories par minute.

Même si le taux auquel vous brûlez des calories diminue avec l’âge, le nombre de calories que vous devez dépenser pour perdre un kilogramme de graisse corporelle (soit environ 8 000, attention, ce n’est pas le nombre de calories qu’il faut brûler pour perdre 1 kg de graisse pure, mais pour perdre 1 kg de graisse stockée avec l’eau dans le corps) reste le même. Alors, quand vous prenez de la bouteille, vous devez faire du sport plus longtemps pour maigrir.

Vous pourriez ne pas être en mesure d’éviter la prise de poids complètement, mais vous pouvez la minimiser. Faites-vous un point d’honneur d’insérer davantage d’activités physiques dans votre emploi du temps quotidien, que vous travailliez encore ou soyez retraités.

Prenez l’escalier au lieu de l’ascenseur. Commencez à faire de l’exercice. Veillez à consulter votre médecin auparavant pour voir si votre état de santé nécessite des précautions, surtout si vous n’avez pas fait de sport depuis de nombreuses années.

Vous pouvez prévenir la perte de masse musculaire en faisant de la musculation si votre docteur l’approuve. Votre objectif devrait consister à maintenir, aussi proche que possible, le poids recommandé pour votre taille (hauteur). Même si des problèmes de santé vous empêchaient de faire certains types d’exercice, rappelez-vous que faire n’importe quel exercice vaut mieux que de ne rien faire du tout.

5 – Le rôle des hormones dans la ménopause
Lors de la ménopause, la baisse des œstrogènes accélère la perte musculaire au niveau des parties inférieures de l’organisme. Elle va donc amplifier le phénomène expliqué précédemment.  La femme ne pouvant plus donner naissance à un enfant, ses réserves graisseuses n’ont plus lieu d’être.

Le changement de la silhouette est alors inévitable : les cuisses maigrissent, au contraire de la taille et des hanches qui s’épaississent. La baisse de la masse musculaire entraîne globalement une prise de poids si le même mode de vie est conservé.

L’augmentation du poids moyen chez les femmes ménopausées varie de 4 kg à 5 kg.

6 – L’hypothyroïdie
Ce dysfonctionnement de la glande thyroïde est relativement fréquent. Il entraîne une augmentation du poids et s’accompagne généralement d’une fatigue inhabituelle. Cette affection qui touche surtout les femmes après 50 ans, ne se guérit pas mais se contrôle très bien en prenant quotidiennement des hormones thyroïdiennes de remplacement (ou de substitution).

7 – La perte osseuse
A la perte musculaire, il faut aussi ajouter une légère perte osseuse qui entraîne également une diminution de notre métabolisme de base. Il est donc conseillé d’augmenter son apport en vitamine D, surtout lorsqu’on sait que près de 80% des occidentaux présentent des carences en vitamines D !

Sources :

  1. https://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=grossir_en_vieillissant_do
  2. https://www.regimesmaigrir.com/actualites/article.php?id=1360
  3. https://www.lanutrition.fr/pourquoi-nous-grossissons-avec-lage

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